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Actions de résistance en cours et leurs effets concrets - Pôle emploi : une action exemplaire.

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Pôle emploi : grève de la faim.

Isabelle de Léon, conseillère pôle emploi à Toulouse.

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Soutenons Isabelle de Léon, conseillère Pôle emploi qui a entamé une grève de la faim
à Toulouse, le 5 octobre,
devant la direction régionale de Pôle Emploi Midi-Pyrénées.



Nous publions ci-dessous, avec l'autorisation d'Isabelle, sa lettre nous informant de son engagement :

 


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Toulouse, le 15 septembre 2011.



Bonjour à toutes et à tous,


Il m’a semblé important de vous tenir informés de ma situation, que vos messages aient été de soutien ou plus critiques lors de cette première bataille publique que j’ai souhaité engager contre l’EID.

Suite à mon courrier public remis le 18 Avril 2011, dans lequel j’exposais mes arguments pour refuser d’appliquer l’EID, j’ai été convoquée par Monsieur Dubrunfaut (DR de Midi-Pyrénées) le 29 avril 2011 pour une action disciplinaire qui s’est soldée par un blâme que la Direction Régionale m’a notifié le 23 Mai 2011.

J’ai déposé une requête en annulation au Tribunal Administratif qui a été enregistrée le 19 juillet 2011.


Depuis, accompagnée et soutenue par l’intersyndicale Midi Pyrénées : SUD, CGT, SNU, FO, je n’ai pas cessé le combat, même s’il a pu paraître silencieux sur les ondes médiatiques ou informatiques. Mais une nouvelle confrontation s’annonce puisque je suis convoquée le 13 Octobre à la DG devant une commission disciplinaire visant à m’infliger une sanction qui pourrait aller jusqu’au licenciement.


Il me paraissait donc important de vous communiquer cette information toute récente, et de vous dire que si ce combat est resté peu visible jusqu’à ce jour, il n’en a pas moins gardé sa force et sa conviction.

En effet, tous les jours sur le terrain, je constate, certainement comme vous malheureusement, que mes inquiétudes ne sont pas infondées. Un faisceau d’observations et de constats confirme une dégradation alarmante des conditions de travail et donc de réception et de suivi des demandeurs d’emploi.


Plus que jamais, je reste convaincue que nous devons défendre le Service Public, qu’il reste le seul véritable outil de redistribution, le seul garant possible d’égalité de traitement et le seul capable de maintenir les droits et besoins fondamentaux d’aujourd’hui et de demain.

Nous sommes responsables de son devenir, car nous en sommes les acteurs quotidiens sur le terrain. Seuls à assumer au jour le jour, les conséquences des décisions néfastes de nos dirigeants qu’ils soient élus ou administrateurs. Seuls à recevoir la détresse et le désarroi des personnes que nous mettons en difficultés par un système de plus en plus complexe dans lequel ils se perdent et parfois nous nous égarons aussi.

Pour beaucoup d’entre nous les quelques certitudes que nous avions dans un contexte de travail en changement continuel sont ébranlées : nouvelles procédures, nouvelles interfaces, nouvelles réglementations… Chercher une information devient un challenge… Et souvent les réponses sont à confirmer…


Nous devons exiger que le service public de l’emploi, dans cette période de crise et d’incertitude pour tous, soit un lieu d’accueil de qualité, qui puisse fonctionner dans de bonnes conditions et non pas sur des objectifs chiffrés impossibles à tenir, où tout le monde est perdant. C’est dans cet esprit que je pense que l’EID n’est pas à-propos. L’inscription doit être gérée, sur le versant indemnisation, par des personnels formés et expérimentés qui sont en capacité de chercher au maximum le bénéfice de l’ouverture de droits, et de suivre le traitement des dossiers indemnisation sur site. De même, l’élaboration du premier entretien et des premières actions ( je ne m’aventurerais jamais à parler de diagnostic !) exige une pluralité de champs de connaissances, d’outils, de procédures tellement étendue et en constants changements que là encore s’impose non seulement la nécessité d’être formé et expérimenté…mais d’être en auto formation permanente. Il ne peut s’agir d’appliquer au minimum des procédures pré-pensées et préétablies qui ne s’adaptent pas à la situation individuelle de chaque demandeur d’emploi.

Nous pouvons, ensemble, regagner nos véritables missions, si nous agissons, et si nous ne perdons pas de vue que le service aux demandeurs d’emploi représente l’essentiel de notre mission.


J’ai engagé une démarche de conviction, d’autres moyens de contestation sont envisageables, des moyens abordables par tous, et ce « TOUS » change « TOUT » dans l’appréhension que nous avons des sanctions possibles qui souvent nous freinent dans l’action…


Je compte sur votre soutien dans ces moments qui s’annoncent encore peu agréables….



Isabelle de Léon



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Cette action constitue le point de départ d'un « front de défense du service public ». D'ores et déjà, CnR 31, Collectif de Défense des Services Publics Castelnaudary Lauragais, Collectif Résistance à la délation-31, Comité de Résistance Social, Convergence nationale des services publics, Coordination des Intermittent-es et Précaires Midi-Pyrénées (CIP-MP), GREF 31, Réseau des enseignants-désobéisseurs du 31, Réseau Emploi Formation Insertion, Robin des Bois de l'énergie 31, syndicats Pôle Emploi Midi-Pyrénées : CGT, SNU FSU, Solidaires Sud Emploi, Syndicat National des Chercheurs Scientifiques SNCS-FSU section Midi-Pyrénées et Sud santé-sociaux 31, ont signé l'Appel de Toulouse. (voir ci-dessous)


«Nous sommes citoyens, usagers et salariés, agents ou fonctionnaires, des services publics ou remplissant des missions de service public. Nous nous élevons ensemble contre leur destruction et la dégradation du service rendu au public. Ce gouvernement fusionne, démantèle, privatise.

Il manipule !

Il organise l’inefficience des services et les rends inopérants pour remplir leur mission d’intérêt général.

Il réduit les effectifs, diminue les moyens, change les métiers, réorganise, désorganise... provocant ainsi l’insatisfaction, la souffrance des usagers et des salariés. En diffusant une mauvaise image des services publics et en opposant usagers et agents, il prépare leur disparation.

Les services publics sont : la Santé, l’Éducation, la Justice, les Services Sociaux, les Universités et la Recherche, les Organismes Sociaux : CAF, Sécurité Sociale, Pôle emploi.., la Police, les pompiers, les crèches municipales, les services territoriaux, l’Équipement et l’aménagement du territoire, les transports, la Poste, la SNCF…, l’accès à l’eau,  au gaz, à l’électricité…

Tout ce qui est légitimement accessible à tous et qui rend notre quotidien confortable. Nous avons déjà laissé beaucoup de ces secteurs échapper à la régulation de l’État, certains ont disparu, d’autres sont privatisés ou en voie de l’être...

Jusqu’où allons-nous les laisser nous dépouiller de ce qui ne leur appartient pas ?

Les générations précédentes avaient eu la prudence de garantir un accès gratuit et régulé à ces services de façon à ce que tous puissent en bénéficier, sur l’ensemble du territoire. De quel droit ce gouvernement s’autorise t-il à modifier des structures aussi fondamentales - et constitutionnelles - de notre société, à l’encontre des intérêts de la population qu’il est censé servir ?

Il agit peut-être légalement, en votant des lois de circonstance, mais illégitimement en ne prenant en compte ni l’intérêt de tous, ni les importantes manifestations de la rue, et en instrumentalisant l’action sociale à des fins sécuritaires.

Il y a un dysfonctionnement dans notre système déclaré «démocratique»; et devant ce constat beaucoup d’entre nous se sont démobilisés, invoquant une impuissance face aux politiques, eux-mêmes confrontés à leur propre impuissance face aux marchés...


D’impuissance en impuissance : nous laissons faire et ce que nous redoutons se réalise.
Pourtant, nous pouvons cesser de nous abriter derrière ce discours de «ça ne sert à rien», arrêter d’être fatalistes, retrouver notre capacité à nous indigner, à réagir, et à agir.

Car sans nous «ils ne sont rien», qu’ils soient politiques, ou grands gestionnaires, c’est nous qui sommes sur le terrain à faire ou à
subir ce qu’ils nous demandent d’accomplir contre nous mêmes tous les jours.

Il est donc temps, pour nous et pour les générations à venir :
• de porter un coup d’arrêt à la destruction organisée de nos droits et acquis sociaux, de nos structures de solidarité et de fraternité ;
• d’arrêter de subir et de contribuer au fonctionnement de ce qui peut nous nuire ou nuire à nos concitoyens ;
• de refuser de céder à la division (les vieux contre les jeunes, les travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les «intégrés» contre les étrangers...), à la mise en concurrence généralisée des salariés au cœur des entre- prises et des établissements publics (Les places sur le marché de l’emploi sont chères et ils s’en servent...)

Il dépend de nous, une fois encore dans l’histoire, de leur rappeler qu’ils ne sont là que sur mandat, et qu’ils sont révocables... Ils nous demandent des sacrifices, exigeons des comptes...

Il s’agit d’un appel, un appel à la résistance, à la désobéissance ouverte ou discrète, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous pouvez agir pour vous et pour nous tous. Dans chaque secteur d’activité, chaque jour, nous pouvons faire différemment ou ne pas faire, pour arrêter cette déconstruction et la contrer le plus  possible.

C’est un appel à Tous. Nous demandons à chacun d’agir à sa mesure, nous appelons aussi les personnalités à s’engager publiquement, médiatiquement : que ceux qui savent, disent, haut et fort, seuls ou en collectifs : historiens, sociologues, juristes, économistes, intellectuels, journalistes...
Retrouvons le sens de nos responsabilités : celles de citoyens actifs, celles de membres solidaires d’une collectivité, celles de parents soucieux de l’avenir de leurs enfants. »


Résistants et désobéisseurs des Services Publics


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On peut entendre l'interview de cette conseillère engagée ici.

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Date de création : 13/12/2010 @ 23:41
Dernière modification : 09/10/2011 @ 22:02
Catégorie : Actions de résistance en cours et leurs effets concrets
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