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Actions de résistance en cours et leurs effets concrets - Dominique Sultan,
Pôle emploi.









 

Depuis 1989 (gouvernement Rocard),  la "modernisation" des services public a été mise en place, avec des objectifs chiffrés à atteindre pour, parait-il, pouvoir en évaluer les résultats.

Cela a entraîné une dégradation constante du service rendu aux usagers. C'est l’employeur qui est à présent la cible prioritaire à satisfaire. On s’est éloigné des missions de la fonction publique et du service aux usagers. Ceux-ci sont devenus, miracle de la langue de bois, des "clients" !

Sous-traitance

A l'ANPE, cela s'est traduit par une sous-traitance renforcée avec le Plan d'Aide au Retour à l'Emploi. Les chômeurs ont été jetés en pâture aux cabinets de recrutement privés. Le comble, c'est que ces cabinets ont été payés avec les allocations des chômeurs eux-mêmes !

Tout au long de ces années, il y a eu de fortes oppositions à la dérive de l’établissement. Et la CGT ANPE a été en première ligne pour dénoncer et inciter les agents à lutter contre tous ces effets pervers : refus d’envoyer chez les sous-traitants, refus d’utiliser la « moulinette », outil informatique de prescription automatique …

Suivi mensuel personnalisé

Le "suivi mensuel personnalisé" est aujourd'hui imposé aux demandeurs d'emploi. Il consiste essentiellement en des convocations obligatoires tous les mois avec un conseiller dit "référent". En réalité, c'est un renforcement du flicage systématique des chômeurs.

Cela a aussi soulevé une opposition forte, avec de nombreux jours de grève diversement suivis. Dans certains cas, nous, la CGT, avons appelé seuls à faire grève contre cette disposition.


Fusion ANPE ASSEDIC

Pour l’ANPE comme pour l’ASSEDIC, la fusion a été vécue comme une agression d'une violence inouïe. Cela a créé un malaise et des tensions. Les personnels des deux entreprises ont des habitudes et des politiques très différentes, des valeurs très opposées. L'ANPE est un organisme public qui rend une mission de service public. Les ASSEDIC sont un organisme privé, qui gère les fonds de l’indemnisation.

Nous savions bien que ce qui se cachait derrière les discours d’efficacité, ne pouvait être bénéfique à qui que ce soit.

 

Guichet unique :

Au moment de l'accueil du demandeur d'emploi, l'inscription ASSEDIC est suivie dans la foulée de l'inscription ANPE, sur lieu d'accueil commun, le plus souvent l'antenne ASSEDIC.

En dehors des appels à la grève, la CGT a clairement appelé les collègues à refuser de se déplacer dans les locaux ASSEDIC pour faire l’inscription. Mais les autres syndicats n’ont pas repris le mot d’ordre de la CGT. Ainsi les résistances sont restées dans un cadre local : l’agence de Bobigny, par exemple, où sept collègues ont tenu pendant un an.

Les collègues résistants ont été sanctionnés : retrait de salaire pour chaque journée de refus, mais ces sanctions ont provoqué un renforcement en adhésions et forces syndicales…



Plateforme téléphonique

Le 3949 est devenu le numéro de téléphonique unique, sous-traité, d'ailleurs, pour joindre le Pôle-Emploi.

L'accès au service public est limité à ce n° de téléphone unique : on ne peut plus contacter directement les conseillers. Il n'y a plus de numéro interne non plus pour communiquer entre services et agences, nous aussi devons passer par la plate-forme. Les communications sont limitées à quatre minutes. La direction s'intéresse uniquement au taux de décroché.

Au début, cette plate-forme a soulevé une forte résistance : pétitions dans les agences, boycott des permanences téléphoniques.

La hiérarchie décide des retraits de salaire contre les agents qui ne tiennent pas la plateforme téléphonique. Des pressions sont exercées sur les collègues individuellement sur le poste de travail. Aussi peu d'agents ont persisté longtemps dans leur refus des permanences. La résistance des quinze signataires au départ dans mon agence s’est amenuisée jusqu’à ne plus concerner que quelques syndiqués de Sud et de la CGT. Il nous a alors semblé semble peu efficace de jouer les martyrs à trois…

Puisqu’il n’était pas possible de faire marche arrière sur la plateforme téléphonique, nous avons décidé de résister en contrant son effet  négatif, en rendant un service le meilleur possible, et en ne respectant pas les durées maximales imposées.

Nous nous attachons à renseigner les gens correctement, donner les liens, les infos, les téléphones… et rappeler pour éviter les coupures téléphoniques et les factures trop salées ! Sur la plateforme nous offrons le service maximum !

Il est évident qu’il faut assumer les rappels à l’ordre du superviseur, parce que nous ne sommes plus dans les limites de durée de communication et que cela crée un engorgement des lignes !

En réalité, il s’agit d’une forme de grève du zèle assumée et difficile à combattre pour la direction.

Et notre agence récalcitrante va être beaucoup moins sollicitée que les autres Pôles de Paris, et la plateforme souvent fermée. Les agents ouvertement opposés sont finalement très peu programmés sur le 3949.


La lampe à UV

Sous prétexte de fraude, Pôle Emploi demande aux conseillers de vérifier les cartes de travail sous des lampes à UV. Ces lampes à UV sont installées dans les box d’inscription, côté ASSEDIC (on dit maintenant « côté indemnisation. »)

Nous avons discuté dans les différentes instances de la CGT des moyens possibles pour s’y opposer. Nous avons décidé de mener une campagne auprès des collègues pour les convaincre de ne pas utiliser la lampe.

Dans certaines agences, les collectifs ont adressé des lettres ouvertes au public dénonçant le rôle qu’on veut nous faire jouer. Des pétitions ont été signées, refusant collectivement de se servir de ce matériel. Dans les instances syndicales, la CGT s’est fermement opposée à la direction et a démonté son argumentation pseudo-juridique.

Les agents refusent aujourd'hui d'utiliser cette lampe. Seuls, certains collègues des antennes ASSEDIC utilisent la lampe.

Pour l’instant, l’établissement n’a pas pu engager de sanctions contre les refus.



L’offre "raisonnable d’emploi"

Juste avant la crise financière, le gouvernement a décidé de mettre la pression sur les chômeurs, prenant comme prétexte les « métiers en tension » et les récriminations des employeurs en manque de main d’oeuvre.

Une nouvelle loi définit des contraintes supplémentaires pour les chômeurs : plus vous êtes inscrit depuis longtemps, plus on peut vous proposer de travailler loin et pour moins cher. Ces critères obligent un chômeur à prendre un poste qu’il aurait refusé dans un premier temps.

Le suivi individuel des demandeurs d'emploi est "renforcé." Nous avons obligation de convoquer les chômeurs à des RDV tous les mois, même si l'on n'a rien à proposer. Ce n'est pas de l'aide, c'est du contrôle. Cela permet de multiplier les radiations car plus vous convoquez quelqu'un, plus les radiations sont faciles, les gens peuvent être pris par autre chose....

La CGT dénonce cette incitation à radier le plus possible. Les résistants excusent systématiquement les gens quand ils sont absents aux RDV.

Les collègues utilisent de façon très imaginative les flous du système pour traîner des pieds et ne pas faire ce qui leur est demandé quand ils pensent que ce n’est pas dans l’intérêt de notre public.

Ainsi, il y a un détournement des convocations systématiques mensuelles, avec de faux entretiens, des saisies d’excuses pour empêcher des radiations… Quand nous complétons le dossier professionnel, et que nous avons ces critères à remplir sur les fichiers informatiques, nous détournons le problème en notant ce sera profitable sur le long terme et évitera la pénalisation des chômeurs.

L’opposition, si elle ne s’exprime pas ouvertement se manifeste dans de petits actes quotidiens pour éviter de nuire, à défaut parfois d’être vraiment utiles !

La CGT Pôle-emploi travaille depuis longtemps avec les comités de chômeurs. Nous faisons des banderolles communes et défilons avec eux dans les manifestations.




Date de création : 13/12/2010 @ 23:55
Dernière modification : 22/12/2010 @ 22:32
Catégorie : Actions de résistance en cours et leurs effets concrets
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