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Appel 200 maîtres: pas de remontée pour les évaluations qui nous descendent - par
administrateur
Pas de remontée pour des évaluations qui nous descendent !
Une fois encore, le dispositif d'évaluation nationale pour le premier degré, tel qu'il est imposé par le ministère dans les écoles, aura généré nombre de réactions hostiles de parents, d'enseignants et d'universitaires, largement reprises dans les médias. L'opposition à ces évaluations, fédérée autour de l'appel des 200 maîtres, aura été évoquée à chaque traitement de ce sujet dans la presse. On ne peut que s'en réjouir. Il faut dire que nous avons été grandement aidés par la brutale décision de l'Inspection Académique de Limoges de retirer de sa classe un enseignant ne respectant pas à la lettre le protocole de passation des épreuves. Mais là encore, notre mobilisation a payé puisque ce collègue a finalement été autorisé à reprendre ses cours la semaine suivante sans subir la moindre sanction.
Nous avions invité les enseignants à agir en leur âme et conscience par les modalités qui leur semblaient les plus appropriées : boycott, autre utilisation des livrets, passation des seuls items travaillés en classe, autre mode de notation. Mais l'essentiel est à venir avec la non communication des résultats à l'administration, et ce pour trois raisons majeures.
Tout d'abord, c'est uniquement face à l'opposition rencontrée que le ministère déclare qu'il « ne ferme pas la porte dès lors qu'il sera démontré qu'une autre formule est meilleure" et qu' « une réflexion pourra s'engager à partir des critiques constructives ». A n'en pas douter, le respect des procédures de saisie comme de remontée serait utilisé par les communicants du ministère pour faire croire que tout s'est bien passé.
Ensuite, la transmission accrédite l'idée que tout désormais devra être recensé au niveau national sans garantie de l'utilisation qui en sera faite, tout comme pour le trop délicat fichage élèves-familles du logiciel base-élèves imposé aux directeurs. Cette vision technocratique doit nous interpeller tant notre système tend vers la déshumanisation de son organisation.
Enfin, à l'heure de la suppression de la carte scolaire et des discours sur le salaire au mérite, chacun mesure combien la constitution de telles données chiffrées pourrait servir à l'élaboration de classements d'écoles et autres palmarès repris dans la presse. Il y a le précédent du magazine Le Point (en 2006) qui avait obtenu au tribunal les « chiffres secrets » des violences dans le secondaire sans que le ministère ait pu l'en empêcher. L'an dernier est apparu le classement des évaluations nationales par académie largement commenté dans les journaux régionaux. Et n'allez pas croire comme il est dit que cela serve à ajuster les moyens aux besoins puisque des académies en difficulté comme la Guadeloupe et la Martinique perdront tout de même des postes à la rentrée prochaine ! Alors, veut-on voir fleurir des informations de ce type qui mettraient immanquablement les écoles publiques et leurs enseignants en concurrence ?
Au moment où beaucoup se plaignent de leur impuissance à se faire entendre du ministère, voilà une occasion à ne pas rater d'imposer au ministre la reconstruction d'un autre dispositif d'évaluation, diagnostique cette fois-ci, capable de nous aider à mieux comprendre les difficultés constatées, élaboré en concertation avec les professionnels. Ainsi sera-t-il enfin, comme initialement prétendu, au service des élèves, des enseignants et des parents.
Sylvain Grandserre - Porte-parole de l'appel des 200 maîtres - le 1er février 2010
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Pas de remontée pour des évaluations qui nous descendent !
Une fois encore, le dispositif d'évaluation nationale pour le premier degré, tel qu'il est imposé par le ministère dans les écoles, aura généré nombre de réactions hostiles de parents, d'enseignants et d'universitaires, largement reprises dans les médias. L'opposition à ces évaluations, fédérée autour de l'appel des 200 maîtres, aura été évoquée à chaque traitement de ce sujet dans la presse. On ne peut que s'en réjouir. Il faut dire que nous avons été grandement aidés par la brutale décision de l'Inspection Académique de Limoges de retirer de sa classe un enseignant ne respectant pas à la lettre le protocole de passation des épreuves. Mais là encore, notre mobilisation a payé puisque ce collègue a finalement été autorisé à reprendre ses cours la semaine suivante sans subir la moindre sanction.
Nous avions invité les enseignants à agir en leur âme et conscience par les modalités qui leur semblaient les plus appropriées : boycott, autre utilisation des livrets, passation des seuls items travaillés en classe, autre mode de notation. Mais l'essentiel est à venir avec la non communication des résultats à l'administration, et ce pour trois raisons majeures.
Tout d'abord, c'est uniquement face à l'opposition rencontrée que le ministère déclare qu'il « ne ferme pas la porte dès lors qu'il sera démontré qu'une autre formule est meilleure" et qu' « une réflexion pourra s'engager à partir des critiques constructives ». A n'en pas douter, le respect des procédures de saisie comme de remontée serait utilisé par les communicants du ministère pour faire croire que tout s'est bien passé.
Ensuite, la transmission accrédite l'idée que tout désormais devra être recensé au niveau national sans garantie de l'utilisation qui en sera faite, tout comme pour le trop délicat fichage élèves-familles du logiciel base-élèves imposé aux directeurs. Cette vision technocratique doit nous interpeller tant notre système tend vers la déshumanisation de son organisation.
Enfin, à l'heure de la suppression de la carte scolaire et des discours sur le salaire au mérite, chacun mesure combien la constitution de telles données chiffrées pourrait servir à l'élaboration de classements d'écoles et autres palmarès repris dans la presse. Il y a le précédent du magazine Le Point (en 2006) qui avait obtenu au tribunal les « chiffres secrets » des violences dans le secondaire sans que le ministère ait pu l'en empêcher. L'an dernier est apparu le classement des évaluations nationales par académie largement commenté dans les journaux régionaux. Et n'allez pas croire comme il est dit que cela serve à ajuster les moyens aux besoins puisque des académies en difficulté comme la Guadeloupe et la Martinique perdront tout de même des postes à la rentrée prochaine ! Alors, veut-on voir fleurir des informations de ce type qui mettraient immanquablement les écoles publiques et leurs enseignants en concurrence ?
Au moment où beaucoup se plaignent de leur impuissance à se faire entendre du ministère, voilà une occasion à ne pas rater d'imposer au ministre la reconstruction d'un autre dispositif d'évaluation, diagnostique cette fois-ci, capable de nous aider à mieux comprendre les difficultés constatées, élaboré en concertation avec les professionnels. Ainsi sera-t-il enfin, comme initialement prétendu, au service des élèves, des enseignants et des parents.
Sylvain Grandserre - Porte-parole de l'appel des 200 maîtres - le 1er février 2010

Motions de la Coordination nationale des Universités - par
Diane
Motions de la Coordination Nationale des Universités 25 janvier 2010 Centre Saint-Charles, Paris 28 établissements présents 12 syndicats, collectifs, sociétés savantes, associations SAUVONS l’ECOLE DE DEMAIN ! La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu ! Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants. Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire. Le calendrier imposé par le gouvernement, qui fixe les épreuves écrites d’admissibilité entre octobre et décembre 2010, interdit de mettre en place une quelconque préparation de ces concours à partir de septembre 2010, et ce quelle que soit la nature des épreuves et le contenu des programmes. Prétendre le contraire serait tromper les étudiants futurs candidats, les parents d’élèves, et mettrait en péril la crédibilité du système éducatif et universitaire. En conséquence, confrontés à cette impossibilité manifeste, nous refusons d’organiser ou de participer à la session des concours prévue à l’automne 2010 (CRPE, CAPES, CAPET, CAPEPS, CAPLP, CPE). Si le gouvernement s’obstinait à imposer des épreuves aberrantes, nous prendrions toutes nos responsabilités en vue d’obtenir leur annulation. Nous nous engageons à maintenir en place, à la rentrée 2010, de véritables préparations aux concours de recrutement, ouvertes à tous les étudiants titulaires d’une licence, et selon un calendrier compatible avec les exigences d’équité et de qualité du recrutement. Nous demandons solennellement aux ministres concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires au maintien des épreuves de concours en fin d’année universitaire (printemps 2011). En responsabilité et en solidarité avec les étudiants candidats, avec nos collègues enseignants en poste dans les écoles, les collèges et les lycées, avec les parents d’élèves et avec l’ensemble du corps social, nous réaffirmons ainsi notre engagement au service de la formation des étudiants et des futurs enseignants, en refusant l’application d’une réforme inapplicable. La non tenue des épreuves à l’automne 2010 permettra, en outre, de bloquer la mise en œuvre des stages de 108 heures consécutifs aux épreuves d’admissibilité. NOUS SAUVERONS le recrutement et la formation des enseignants !
La CNU soutient l’appel de collègues siégeant au jury du CAPES d’anglais et invite les jurys d’autres concours à s’en inspirer : « Afin de résister à une stratégie qui consiste à imposer une réforme avec un semblant de concertation (exemple : la commission Marois-Filatre), nous en appelons à la solidarité entre collègues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires, des IUFM et de l’inspection générale : résistons aux pressions aussi bien ministérielles qu’individuelles. Ne servons pas de caution à une réforme inadmissible dont nous dénonçons les méfaits et que tous les secteurs concernés refusent en bloc. Le ministère en appelle aux « bonnes volontés » pour concocter anonymement des sujets-zéros, nous appelons à faire zéro sujet! Que le ministère assume son autoritarisme jusqu’au bout et fasse les sujets lui-même ! » Appel aux enseignants de la maternelle à l’université. Nous, enseignants, enseignants chercheurs et formateurs de l’enseignement supérieur, qui avons la responsabilité de la formation des professeurs, nous adressons solennellement à tous nos collègues de la maternelle à l’université. Face à l’organisation de la mise en concurrence des collègues et des établissements d’enseignement à tous les niveaux, il est indispensable d’exprimer de façon solidaire notre refus commun de la destruction programmée de l’Education nationale. C’est l’avenir de tous les enfants et de toute la jeunesse qui est en jeu. Loin des mensonges ministériels, la réforme diminue drastiquement le temps de formation des futurs enseignants ; elle atteint ainsi la qualité de la formation fondamentale (exigences des concours largement revues à la baisse) et pratique (disparition du stage annuel en alternance pour les reçus aux concours). L’an dernier, la mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire a fait provisoirement échec à la mise en place immédiate de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, baptisée « mastérisation ». Depuis cet été, le gouvernement distille les mesures d’application ; il continue de mépriser le travail et les recommandations des commissions qu’il a lui-même créées et d’ignorer les protestations argumentées de tous les acteurs concernés. À mesure que circulaires et autres arrêtés sont publiés, cette réforme confirme, plus encore que nous ne le craignions, sa dimension fondamentalement nocive. - Elle entraîne une considérable dégradation de la formation des enseignants, tant disciplinaire que pédagogique ; - Elle implique une extinction des masters universitaires dédiés à la recherche dans de nombreux domaines ; - et au-delà, elle s’en prend aux fondements de l’Education nationale – pilier de la République. De fait, cette réforme aurait rapidement des effets redoutables. Elle désorganiserait les équipes pédagogiques et les établissements scolaires sommés d’accueillir pour des périodes très courtes des étudiants encadrés dans des conditions pédagogiques et juridiques acrobatiques. Elle organise un paysage de l’enseignement primaire et secondaire où les professeurs recrutés par concours et les fonctionnaires ne seront à terme plus qu’une minorité au milieu d’enseignants précarisés. Elle renforcera les déséquilibres entre les territoires et mettra à bas toute mixité sociale. Elle introduit dans tous les concours de recrutement une épreuve obligatoire aux relents autoritaristes censée évaluer la capacité des futurs collègues à « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ». Or, les candidats à l’enseignement s’engagent à servir l’Etat par le fait même de s inscrire aux concours : cela est suffisant. Nous ne laisserons pas instaurer ainsi le contrôle des opinions et la mise au pas des consciences. Enfin, la réforme menace les filières universitaires dont le débouché le plus visible est l’enseignement, en organisant la disparition, de fait, de la recherche dans les masters. En cela, elle participe du même processus autoritaire de sape de l’enseignement public (réduction du volume horaire des disciplines) et de fragilisation des équipes enseignantes que la réforme du lycée, après celle du premier degré et des RASED. Dans une telle situation, nous ne pouvons nous contenter de dénoncer cette réforme. Actuellement, les rectorats et les ministères mettent déjà en place des stages qui placent en responsabilité dans les classes des étudiants non formés, et appellent au recrutement massif d’enseignants vacataires, « étudiants » ou « jeunes retraités ». C’est la généralisation de ce recours à un personnel contractualisé et non formé qui est au cœur de cette réforme. Pour faire échec aux réformes en cours, la communauté universitaire s’engage à : 1/ faire voter dans les conseils d’UFR, les conseils d’école des IUFM et les conseils centraux des motions reprenant l’Appel des trois Conseils centraux de Paris 8 ou toute autre formulation prenant position clairement contre la mise en œuvre de la réforme ; 2/ ne pas préparer les maquettes de masters d’enseignement ou parcours s’inscrivant dans cette logique ; intervenir dans chaque conseil pour bloquer leur élaboration et leur remontée. 3/ ne pas participer à la mise en place des nouveaux concours au dernier trimestre 2010 (ne pas élaborer de sujet d’épreuves, démissionner des jurys). 4/ ne pas collaborer avec les rectorats pour mettre en place les remplacements déguisés en stages. Elle invite tous les collègues des premier et second degrés à trouver les modalités les plus adaptées pour bloquer la mise en place de cette réforme. Cela pourrait prendre les formes suivantes : 1/ ne pas mettre en responsabilité dans ses classes des étudiants préparant les concours 2/ ne pas jouer le rôle de tuteur des étudiants n’ayant pas encore réussi les concours 3/ ne pas jouer le rôle de tuteur des lauréats des concours, qui seront placés en responsabilité à temps plein et privés d’une véritable formation en alternance 4/ alerter les parents d’élèves lorsque leurs enfants seront face à des intervenants non formés 5/pour les enseignants du premier et second degré bénéficiant d’un stage de formation continue : refuser de laisser leur classe à un intervenant non formé. Il est également souhaitable que : 1/ les Conseils d’écoles, conseils d’administration des collèges et lycées s’opposent au recours aux vacataires 2/ les formateurs d’enseignants (Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, professeurs d’IUFM…) refusent de participer à des formations dont les remplacements seraient assurés par des étudiants. 3/ les Conseils d’écoles et les Conseils d’administration des collèges et lycées fassent voter une motion du type : « Le Conseil d’école/ le CA de l’établissement demande au directeur d’école/au chef d’établissement de ne pas accepter de confier les classes aux étudiants n’ayant pas encore réussi les concours. Il demande également à l’ensemble des enseignants de l’école/de l’établissement de refuser le tutorat d’étudiants n’ayant pas encore réussi les concours ou de lauréats des concours qui seraient placés en responsabilité à temps plein, tout en étant privés d’une véritable formation en alternance. » Nous appelons tous les enseignants des premier et second degrés à diffuser largement cet appel dans les établissements, par tous les moyens. Nous appelons tous les enseignants à signer, et à faire signer par les parents, la pétition « 100.000 voix pour la formation des enseignants ! » (www.100000voixpourlaformation.org). Nous appelons les syndicats enseignants, de la maternelle à l’université, à amplifier la bataille du retrait des décrets et d’abandon total d’une réforme qui casse la formation des enseignants, nuit à la qualité de la recherche et remet en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’État.
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Motions de la Coordination Nationale des Universités 25 janvier 2010 Centre Saint-Charles, Paris 28 établissements présents 12 syndicats, collectifs, sociétés savantes, associations SAUVONS l’ECOLE DE DEMAIN ! La parodie des épreuves écrites de l’automne 2010 n’aura pas lieu ! Nous, enseignants, chercheurs, formateurs, engagés dans la préparation des concours et universitaires soucieux de l’avenir des étudiants, de la formation des enseignants et du service public, réaffirmons notre attachement au recrutement des enseignants par concours de la fonction publique et nous engageons à sauvegarder la qualité et la crédibilité de ces concours qui garantissent le statut et l’indépendance des enseignants. Or, tous les acteurs de la communauté éducative (Universités, CNESER, syndicats, associations, CPU…) constatent que les dispositions relatives à la réforme dite de « masterisation » créent une situation impossible, particulièrement intenable pour la session 2010-2011 des concours de recrutement des enseignants du primaire et du secondaire. Le calendrier imposé par le gouvernement, qui fixe les épreuves écrites d’admissibilité entre octobre et décembre 2010, interdit de mettre en place une quelconque préparation de ces concours à partir de septembre 2010, et ce quelle que soit la nature des épreuves et le contenu des programmes. Prétendre le contraire serait tromper les étudiants futurs candidats, les parents d’élèves, et mettrait en péril la crédibilité du système éducatif et universitaire. En conséquence, confrontés à cette impossibilité manifeste, nous refusons d’organiser ou de participer à la session des concours prévue à l’automne 2010 (CRPE, CAPES, CAPET, CAPEPS, CAPLP, CPE). Si le gouvernement s’obstinait à imposer des épreuves aberrantes, nous prendrions toutes nos responsabilités en vue d’obtenir leur annulation. Nous nous engageons à maintenir en place, à la rentrée 2010, de véritables préparations aux concours de recrutement, ouvertes à tous les étudiants titulaires d’une licence, et selon un calendrier compatible avec les exigences d’équité et de qualité du recrutement. Nous demandons solennellement aux ministres concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires au maintien des épreuves de concours en fin d’année universitaire (printemps 2011). En responsabilité et en solidarité avec les étudiants candidats, avec nos collègues enseignants en poste dans les écoles, les collèges et les lycées, avec les parents d’élèves et avec l’ensemble du corps social, nous réaffirmons ainsi notre engagement au service de la formation des étudiants et des futurs enseignants, en refusant l’application d’une réforme inapplicable. La non tenue des épreuves à l’automne 2010 permettra, en outre, de bloquer la mise en œuvre des stages de 108 heures consécutifs aux épreuves d’admissibilité. NOUS SAUVERONS le recrutement et la formation des enseignants !
La CNU soutient l’appel de collègues siégeant au jury du CAPES d’anglais et invite les jurys d’autres concours à s’en inspirer : « Afin de résister à une stratégie qui consiste à imposer une réforme avec un semblant de concertation (exemple : la commission Marois-Filatre), nous en appelons à la solidarité entre collègues du primaire, du secondaire, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires, des IUFM et de l’inspection générale : résistons aux pressions aussi bien ministérielles qu’individuelles. Ne servons pas de caution à une réforme inadmissible dont nous dénonçons les méfaits et que tous les secteurs concernés refusent en bloc. Le ministère en appelle aux « bonnes volontés » pour concocter anonymement des sujets-zéros, nous appelons à faire zéro sujet! Que le ministère assume son autoritarisme jusqu’au bout et fasse les sujets lui-même ! » Appel aux enseignants de la maternelle à l’université. Nous, enseignants, enseignants chercheurs et formateurs de l’enseignement supérieur, qui avons la responsabilité de la formation des professeurs, nous adressons solennellement à tous nos collègues de la maternelle à l’université. Face à l’organisation de la mise en concurrence des collègues et des établissements d’enseignement à tous les niveaux, il est indispensable d’exprimer de façon solidaire notre refus commun de la destruction programmée de l’Education nationale. C’est l’avenir de tous les enfants et de toute la jeunesse qui est en jeu. Loin des mensonges ministériels, la réforme diminue drastiquement le temps de formation des futurs enseignants ; elle atteint ainsi la qualité de la formation fondamentale (exigences des concours largement revues à la baisse) et pratique (disparition du stage annuel en alternance pour les reçus aux concours). L’an dernier, la mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire a fait provisoirement échec à la mise en place immédiate de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, baptisée « mastérisation ». Depuis cet été, le gouvernement distille les mesures d’application ; il continue de mépriser le travail et les recommandations des commissions qu’il a lui-même créées et d’ignorer les protestations argumentées de tous les acteurs concernés. À mesure que circulaires et autres arrêtés sont publiés, cette réforme confirme, plus encore que nous ne le craignions, sa dimension fondamentalement nocive. - Elle entraîne une considérable dégradation de la formation des enseignants, tant disciplinaire que pédagogique ; - Elle implique une extinction des masters universitaires dédiés à la recherche dans de nombreux domaines ; - et au-delà, elle s’en prend aux fondements de l’Education nationale – pilier de la République. De fait, cette réforme aurait rapidement des effets redoutables. Elle désorganiserait les équipes pédagogiques et les établissements scolaires sommés d’accueillir pour des périodes très courtes des étudiants encadrés dans des conditions pédagogiques et juridiques acrobatiques. Elle organise un paysage de l’enseignement primaire et secondaire où les professeurs recrutés par concours et les fonctionnaires ne seront à terme plus qu’une minorité au milieu d’enseignants précarisés. Elle renforcera les déséquilibres entre les territoires et mettra à bas toute mixité sociale. Elle introduit dans tous les concours de recrutement une épreuve obligatoire aux relents autoritaristes censée évaluer la capacité des futurs collègues à « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ». Or, les candidats à l’enseignement s’engagent à servir l’Etat par le fait même de s inscrire aux concours : cela est suffisant. Nous ne laisserons pas instaurer ainsi le contrôle des opinions et la mise au pas des consciences. Enfin, la réforme menace les filières universitaires dont le débouché le plus visible est l’enseignement, en organisant la disparition, de fait, de la recherche dans les masters. En cela, elle participe du même processus autoritaire de sape de l’enseignement public (réduction du volume horaire des disciplines) et de fragilisation des équipes enseignantes que la réforme du lycée, après celle du premier degré et des RASED. Dans une telle situation, nous ne pouvons nous contenter de dénoncer cette réforme. Actuellement, les rectorats et les ministères mettent déjà en place des stages qui placent en responsabilité dans les classes des étudiants non formés, et appellent au recrutement massif d’enseignants vacataires, « étudiants » ou « jeunes retraités ». C’est la généralisation de ce recours à un personnel contractualisé et non formé qui est au cœur de cette réforme. Pour faire échec aux réformes en cours, la communauté universitaire s’engage à : 1/ faire voter dans les conseils d’UFR, les conseils d’école des IUFM et les conseils centraux des motions reprenant l’Appel des trois Conseils centraux de Paris 8 ou toute autre formulation prenant position clairement contre la mise en œuvre de la réforme ; 2/ ne pas préparer les maquettes de masters d’enseignement ou parcours s’inscrivant dans cette logique ; intervenir dans chaque conseil pour bloquer leur élaboration et leur remontée. 3/ ne pas participer à la mise en place des nouveaux concours au dernier trimestre 2010 (ne pas élaborer de sujet d’épreuves, démissionner des jurys). 4/ ne pas collaborer avec les rectorats pour mettre en place les remplacements déguisés en stages. Elle invite tous les collègues des premier et second degrés à trouver les modalités les plus adaptées pour bloquer la mise en place de cette réforme. Cela pourrait prendre les formes suivantes : 1/ ne pas mettre en responsabilité dans ses classes des étudiants préparant les concours 2/ ne pas jouer le rôle de tuteur des étudiants n’ayant pas encore réussi les concours 3/ ne pas jouer le rôle de tuteur des lauréats des concours, qui seront placés en responsabilité à temps plein et privés d’une véritable formation en alternance 4/ alerter les parents d’élèves lorsque leurs enfants seront face à des intervenants non formés 5/pour les enseignants du premier et second degré bénéficiant d’un stage de formation continue : refuser de laisser leur classe à un intervenant non formé. Il est également souhaitable que : 1/ les Conseils d’écoles, conseils d’administration des collèges et lycées s’opposent au recours aux vacataires 2/ les formateurs d’enseignants (Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques, maîtres-formateurs, professeurs d’IUFM…) refusent de participer à des formations dont les remplacements seraient assurés par des étudiants. 3/ les Conseils d’écoles et les Conseils d’administration des collèges et lycées fassent voter une motion du type : « Le Conseil d’école/ le CA de l’établissement demande au directeur d’école/au chef d’établissement de ne pas accepter de confier les classes aux étudiants n’ayant pas encore réussi les concours. Il demande également à l’ensemble des enseignants de l’école/de l’établissement de refuser le tutorat d’étudiants n’ayant pas encore réussi les concours ou de lauréats des concours qui seraient placés en responsabilité à temps plein, tout en étant privés d’une véritable formation en alternance. » Nous appelons tous les enseignants des premier et second degrés à diffuser largement cet appel dans les établissements, par tous les moyens. Nous appelons tous les enseignants à signer, et à faire signer par les parents, la pétition « 100.000 voix pour la formation des enseignants ! » (www.100000voixpourlaformation.org). Nous appelons les syndicats enseignants, de la maternelle à l’université, à amplifier la bataille du retrait des décrets et d’abandon total d’une réforme qui casse la formation des enseignants, nuit à la qualité de la recherche et remet en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’État.

Communiqué du comité de soutien à Erwan Redon - par
Administrateur
La mascarade administrative de l'Inspection d'académie se poursuit : Erwan Redon réintègre l'école des Convalescents !
Le 21 décembre dernier, le Tribunal administratif de Marseille a donné raison à Erwan Redon, instituteur désobéisseur, et à ses défenseurs en suspendant la sanction de déplacement d'office prise par l'Inspecteur d'académie des Bouches-du-Rhône quelques mois plus tôt.
En application de la décision du juge des référés, l'IA a annulé la semaine dernière toute la procédure disciplinaire à l'encontre d'Erwan Redon depuis le printemps dernier et lui a demandé de reprendre son ancien poste à l'école élémentaire des Convalescents, à Belsunce (1er arr. de Marseille).
L'annulation de la sanction signifierait également que le conseil de discipline qui l'avait prononcée le 17 septembre 2009 ne s'est en réalité jamais tenu !!!
Dans son ordonnance, le juge des référés avait considéré que la procédure inique qui s'était déroulée devant le conseil de discipline était irrégulière, d'une part au regard de la partialité de son président, l'Inspecteur d'Académie, qui n'avait pas hésité à prendre parti publiquement, d'autre part du fait de l'irrégularité du vote des membres de la commission disciplinaire.
Informé de cette "nouvelle affectation" à la dernière minute – vendredi 23 janvier pour une reprise de poste lundi 25 - alors que le courrier de l'Inspecteur d'Académie datait du 18 janvier, Erwan Redon va donc réintégrer un établissement qu'il avait quitté le 25 septembre 2009.
Ce énième revirement témoigne une fois encore de l'absurdité de la situation. Pour Erwan Redon mais, et c'est sans doute là le plus grave, pour les enfants des deux écoles où il a été en poste cette année qui vont à nouveau devoir subir des changements difficiles, affectivement, perturbant pour leurs apprentissages.
www.education-resistance-autoritarisme.org
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La mascarade administrative de l'Inspection d'académie se poursuit : Erwan Redon réintègre l'école des Convalescents !
Le 21 décembre dernier, le Tribunal administratif de Marseille a donné raison à Erwan Redon, instituteur désobéisseur, et à ses défenseurs en suspendant la sanction de déplacement d'office prise par l'Inspecteur d'académie des Bouches-du-Rhône quelques mois plus tôt.
En application de la décision du juge des référés, l'IA a annulé la semaine dernière toute la procédure disciplinaire à l'encontre d'Erwan Redon depuis le printemps dernier et lui a demandé de reprendre son ancien poste à l'école élémentaire des Convalescents, à Belsunce (1er arr. de Marseille).
L'annulation de la sanction signifierait également que le conseil de discipline qui l'avait prononcée le 17 septembre 2009 ne s'est en réalité jamais tenu !!!
Dans son ordonnance, le juge des référés avait considéré que la procédure inique qui s'était déroulée devant le conseil de discipline était irrégulière, d'une part au regard de la partialité de son président, l'Inspecteur d'Académie, qui n'avait pas hésité à prendre parti publiquement, d'autre part du fait de l'irrégularité du vote des membres de la commission disciplinaire.
Informé de cette "nouvelle affectation" à la dernière minute – vendredi 23 janvier pour une reprise de poste lundi 25 - alors que le courrier de l'Inspecteur d'Académie datait du 18 janvier, Erwan Redon va donc réintégrer un établissement qu'il avait quitté le 25 septembre 2009.
Ce énième revirement témoigne une fois encore de l'absurdité de la situation. Pour Erwan Redon mais, et c'est sans doute là le plus grave, pour les enfants des deux écoles où il a été en poste cette année qui vont à nouveau devoir subir des changements difficiles, affectivement, perturbant pour leurs apprentissages.
www.education-resistance-autoritarisme.org

E. Redon et G. Lehmann réintègrent leurs postes - par
Administrateur
Nous sommes heureux d'apprendre qu'aujourd'hui, lundi 25 janvier, nos collègues Erwan Redon et Gilles Lehmann réintègrent leurs classes dont ils avaient été abusivement soustraits .
Le premier, suite à une décision du Tribunal Administratif de Marseille jugeant illégale sa sanction de déplacement d'office et le second, suite à un recul de L'Inspection Académique de Limoges.
Dans le premier cas, l'administration a sanctionné abusivement l'enseignant marseillais pour avoir exercé sa liberté pédagogique, dans le second cas, elle l'a relevé de la classe pour de simples déclarations d'intention de ne pas respecter à la lettre le protocole d'évaluation nationale des CM2.
Une conclusion s'impose : l'administration crispée et autoritaire de l'Education nationale n'hésite pas à se mettre hors la loi pour tenter de faire plier ceux qui contestent ses directives alors que les enseignants-désobéisseurs ont été respectueux des lois de la République et des droits des enfants.
Nous dénonçons donc l'utilisation partisane du droit, systématiquement désavouée d'ailleurs par les tribunaux administratifs, qui est faite par l'Etat contre les résistants pédagogiques et nous appelons à poursuivre cette résistance dans l'objectif toujours renouvelé de l'intérêt de nos élèves, en particulier des plus en difficulté.
www.resistancepedagogique.org
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Nous sommes heureux d'apprendre qu'aujourd'hui, lundi 25 janvier, nos collègues Erwan Redon et Gilles Lehmann réintègrent leurs classes dont ils avaient été abusivement soustraits .
Le premier, suite à une décision du Tribunal Administratif de Marseille jugeant illégale sa sanction de déplacement d'office et le second, suite à un recul de L'Inspection Académique de Limoges.
Dans le premier cas, l'administration a sanctionné abusivement l'enseignant marseillais pour avoir exercé sa liberté pédagogique, dans le second cas, elle l'a relevé de la classe pour de simples déclarations d'intention de ne pas respecter à la lettre le protocole d'évaluation nationale des CM2.
Une conclusion s'impose : l'administration crispée et autoritaire de l'Education nationale n'hésite pas à se mettre hors la loi pour tenter de faire plier ceux qui contestent ses directives alors que les enseignants-désobéisseurs ont été respectueux des lois de la République et des droits des enfants.
Nous dénonçons donc l'utilisation partisane du droit, systématiquement désavouée d'ailleurs par les tribunaux administratifs, qui est faite par l'Etat contre les résistants pédagogiques et nous appelons à poursuivre cette résistance dans l'objectif toujours renouvelé de l'intérêt de nos élèves, en particulier des plus en difficulté.
www.resistancepedagogique.org

Communiqué des "200 maîtres": COUP D'EPONGE SUR LA BAVURE - par
administrateur
COUP D'EPONGE SUR LA BAVURE
Signataire de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales, Gilles Lehmann a reçu l'ordre par son inspecteur de laisser sa classe à une remplaçante le lundi 18 janvier. Cette mesure exceptionnelle, appliquée quand des enfants sont mis en danger, se voulait être la réponse à la volonté de notre collègue de ne pas respecter à la lettre le protocole de passation des évaluations de CM2. Était invoqué comme motif (courrier de l'IA de Haute-Vienne) le fait que les élèves n'étaient pas traités à égalité ce qui faussait les résultats du dispositif d'évaluation au point de « désorganiser le service public ». Bref, du terrorisme pédagogique !
Le caractère abusif et disproportionné de cette sanction au regard des faits reprochés a suscité de nombreuses réactions populaires et médiatiques. Finalement, à l'issue de la réunion disciplinaire à l'Inspection Académique de Limoges le 22 janvier, aucune poursuite n'a été retenue contre Gilles Lehmann qui peut ainsi retrouver ses élèves. Il faut dire que le souci d'égalité invoqué aurait contraint le ministère à sortir de leur classe près du tiers des maîtres de CM2 ayant agi comme G. Lehmann l'an dernier ! Mesure rendue d'autant plus impossible que le manque de remplaçants se fait déjà durement sentir. Par ailleurs, le ministère ne pouvait prétendre vouloir garder la porte ouverte pour d'éventuelles améliorations et tolérer un zèle local peu propice à de telles négociations !
On peut d'ailleurs se demander qui désorganise le plus le service public d'éducation actuellement : disparition programmée des IUFM, suppression massive d'emplois notamment de remplaçants, diminution dramatique du temps de classe et des RASED, nouveaux programmes, fin de la carte scolaire, projet d'EPEP, jardins d'éveil... A ce jeu-là, le ministère est largement gagnant ! Rappelons que loin d'être isolés les enseignants opposés à ces évaluations ont notamment reçu le soutien de la principale fédération de parents d'élèves (FCPE) et de nombreuses personnalités du monde éducatif qui toutes, condamnent le dispositif imposé contre l'avis des professionnels.
Le ministère gagnerait donc à les écouter comme l'invitait à le faire dans une question écrite au gouvernement le député C. Sirugue (13.01.10), mais également l'universitaire Nathalie Mons pour qui « des évaluations ne servent à rien si elles ne débouchent que sur des constats chiffrés » (le Monde 20.01.10) ou encore Claude Thélot qui affirme que « le processus global de l’évaluation (outils, observations sur le terrain, analyse, etc.) doit être d’une qualité telle qu’il soit indiscutable aux yeux des observateurs et des utilisateurs » avec « des moyens quantitatifs et qualitatifs […] sans commune mesure avec ce qu’ils sont aujourd’hui ».
Nous espérons qu'une telle péripétie amènera le ministère a plus de raison en acceptant enfin d'entendre tous ceux qui souhaitent faire évoluer ces évaluations pour en faire un véritable outil au service exclusif de la réussite des élèves.
Sylvain Grandserre - Porte-parole de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales - le 24.01.10
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COUP D'EPONGE SUR LA BAVURE
Signataire de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales, Gilles Lehmann a reçu l'ordre par son inspecteur de laisser sa classe à une remplaçante le lundi 18 janvier. Cette mesure exceptionnelle, appliquée quand des enfants sont mis en danger, se voulait être la réponse à la volonté de notre collègue de ne pas respecter à la lettre le protocole de passation des évaluations de CM2. Était invoqué comme motif (courrier de l'IA de Haute-Vienne) le fait que les élèves n'étaient pas traités à égalité ce qui faussait les résultats du dispositif d'évaluation au point de « désorganiser le service public ». Bref, du terrorisme pédagogique !
Le caractère abusif et disproportionné de cette sanction au regard des faits reprochés a suscité de nombreuses réactions populaires et médiatiques. Finalement, à l'issue de la réunion disciplinaire à l'Inspection Académique de Limoges le 22 janvier, aucune poursuite n'a été retenue contre Gilles Lehmann qui peut ainsi retrouver ses élèves. Il faut dire que le souci d'égalité invoqué aurait contraint le ministère à sortir de leur classe près du tiers des maîtres de CM2 ayant agi comme G. Lehmann l'an dernier ! Mesure rendue d'autant plus impossible que le manque de remplaçants se fait déjà durement sentir. Par ailleurs, le ministère ne pouvait prétendre vouloir garder la porte ouverte pour d'éventuelles améliorations et tolérer un zèle local peu propice à de telles négociations !
On peut d'ailleurs se demander qui désorganise le plus le service public d'éducation actuellement : disparition programmée des IUFM, suppression massive d'emplois notamment de remplaçants, diminution dramatique du temps de classe et des RASED, nouveaux programmes, fin de la carte scolaire, projet d'EPEP, jardins d'éveil... A ce jeu-là, le ministère est largement gagnant ! Rappelons que loin d'être isolés les enseignants opposés à ces évaluations ont notamment reçu le soutien de la principale fédération de parents d'élèves (FCPE) et de nombreuses personnalités du monde éducatif qui toutes, condamnent le dispositif imposé contre l'avis des professionnels.
Le ministère gagnerait donc à les écouter comme l'invitait à le faire dans une question écrite au gouvernement le député C. Sirugue (13.01.10), mais également l'universitaire Nathalie Mons pour qui « des évaluations ne servent à rien si elles ne débouchent que sur des constats chiffrés » (le Monde 20.01.10) ou encore Claude Thélot qui affirme que « le processus global de l’évaluation (outils, observations sur le terrain, analyse, etc.) doit être d’une qualité telle qu’il soit indiscutable aux yeux des observateurs et des utilisateurs » avec « des moyens quantitatifs et qualitatifs […] sans commune mesure avec ce qu’ils sont aujourd’hui ».
Nous espérons qu'une telle péripétie amènera le ministère a plus de raison en acceptant enfin d'entendre tous ceux qui souhaitent faire évoluer ces évaluations pour en faire un véritable outil au service exclusif de la réussite des élèves.
Sylvain Grandserre - Porte-parole de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales - le 24.01.10

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