Témoignages de désobéisseurs
 
 

 



Notre mouvement a commencé comme un cri instinctif de protestation, de réaction, à l’instinct… Ce qu’on nous demandait n’était tout simplement pas possible.

L’initiative citoyenne d’Alain, sa prise de position publique en novembre 2008 sont venues à point nommé pour de nombreux collègues, pour moi aussi.

L’urgence même de faire cesser toute opposition au sein du corps enseignant par des sanctions sans rime ni raison nous prouve, s'il en est besoin, l’importance de continuer. Continuer d'alerter, de dénoncer, continuer de proposer des alternatives, c’est ce qui fonde le rassemblement de nos individualités si diverses.

« Le tout est supérieur à la somme des parties », il me semble que cette proposition décrit bien le Réseau, sa richesse et ses potentialités. Je suis fière et heureuse d’en être devenue une partie.

Valérie

 
ia02
***

 

Que m'a apporté cette aventure? Tout d'abord, le deuil d'une certaine naïveté qui me portait à appliquer en toute confiance les directives du ministère - avec toutefois davantage de discernement et de méfiance ces dernières années, parce que quand même, certaines demandes de l'administration devenaient farfelues, mais bon...

Ensuite, la voie de la résistance m'a permis de demeurer intacte dans mon intégrité morale : avant de prendre la décision de franchir le pas ouvertement et en revendiquant mes positions, je ne savais que fulminer, tourner en rond dans ma cage intellectuelle, mais ce genre de manifestations ne font pas de bien, au contraire; l'impuissance et la rage sont destructrices et peu productives.

Il m'a donc été donné de pouvoir AGIR, ne plus SUBIR, prendre à bras le corps ce tas d'ordures qu'on ne cessait de nous déverser dessus, pollution de nos valeurs et de nos idéaux.

Ensuite, ce sont des rencontres merveilleuses avec des hommes et des femmes de conviction, qui aiment la vie, sont des passionnés, s'engagent dans leur mission d'éducateurs et font preuve d'infiniment de respect et de tolérance les uns envers les autres. La diversité des points de vue
et des sensibilités s'est trouvée transcendée par une nécessité commune : défendre des valeurs universelles.

Sur un plan plus intime, je pense avoir été changée en profondeur : j'ai davantage remis en question mes pratiques professionnelles en un an que dans toute ma carrière, et j'ai réexaminé les relations que j'entretiens avec mes propres enfants avec un œil neuf.

Alors, bien sûr, j'ai été abîmée, rongée par le doute, effrayée, surmenée, au bord de la rupture nerveuse, mais en définitive j'ai également puisé des forces insoupçonnées dans mes ressources propres et découvert une détermination inébranlable . J'ai rencontré la personne que je suis, que je pressentais être, et que je suis fière de rester malgré tout.

Pascale

 
cp marseille
***

 

Désobeir ? Une drôle d’idée !

 
Une drôle d’idée, et pas du tout dans mes pratiques. Moi, je suis plutôt militante pédagogique, militante syndicale, militante politique dans des organisations convenables où les décisions sont prises par des directions élues par la base, certes, mais des directions qui dirigent, qui envoient du matériel et qui se réunissent pour prendre des décisions.
 
J’ai lu la lettre de Refalo, comme des milliers de gens. Et j’ai bien aimé l’idée de la conscience personnelle. J’avais déjà réfléchi à cela en lisant le livre de Badiou, où il propose de « tenir un point » et de réfléchir à partir de ce point.

Moi, j’ai réfléchi du point où je suis, directrice d’une école regroupant des militants Freinet, dans la banlieue de Paris, au sein d’une cité en cours de restructuration censée apporter de la mixité sociale, mais apportant pour l’instant surtout des expulsions et des gravats.

Alors, voici le point qui est le mien, non pas le point de vue, mais le point d’action :
 
Il faut défendre l’école publique.
Non pas telle qu’elle est, ni telle qu’elle a été, comme le laissent croire des images d’Epinal rétrogrades. Il faut défendre pied à pied ce qu’on a longtemps cru être des acquis.

Mais rien n’est jamais acquis à l’homme et encore moins aux enfants.

Ni l’école, ni l’hôpital, ni la retraite des vieux.

 
Il faut défendre l’école publique, car elle est la cible d’attaques éhontées.
Comme pour l’hôpital où pendant des mois, on a entendu parler des infections nosocomiales, avant d’apprendre que services après service, tout ce qui était « rentable » passerait au privé ; une grande campagne contre l’école nous rebat les oreilles de l’échec scolaire et de l’ évidence de la réussite scolaire pour tous ceux qui iront dans l’école qu’ils auront « choisie ».

 
Il faut défendre l’école publique de toutes nos forces.
Et il faut rappeler à nous tous ceux qui sont prêts à se battre pour la défendre, tous les gens des campagnes, tous les gens des milieux populaires, tous les gens des banlieues, qui savent bien que lorsqu’il faut payer pour entrer, il y a des gens qui n’entrent plus.

 
Il faut défendre l’école publique de toutes les manières possibles
Parce qu’au gouvernement, il y a une majorité de gens qui veulent  augmenter la possibilité de faire des profits avec l’école : il y avait déjà le « soutien scolaire », les « cours d’été », l’école privée, et un matraquage constant de la « réussite scolaire » assorti à une « réussite sociale » visant à avoir une rolex avant trente ans et une chanteuse avant cinquante.

 
Il faut défendre l’école publique parce que pour moi, c’est aussi l’idée d’une autre société, plus juste, plus humaine, plus respectueuse que cela défend.
Alors, les menaces ridicules de blocage d’échelon, les retraits de salaires démesurés, les procès, les retraits d’emploi, toute l’agitation du ministère montre à quel point il faudrait finalement  peu de courage et peu d’effort pour changer le monde.

 Il faudrait d’abord s’entendre, et unir nos forces pour tracer le chemin. Et cela, on devrait tout petit l’apprendre à l’école. L’école publique de son quartier.

Véronique

 
hiver 2008-2009 mtp
***

 

Juin 2008, la fin de l'année approche, et c'est déjà l'organisation de la suivante qui se profile. Nous travaillerons tous sur 4 jours, et 2 heures seront réservées à l'aide aux enfants en difficulté. Pour cela, il faut réfléchir à une possible modification des horaires de bus, d'école, dans les conseils de fin d'année convoqués précipitamment. Chez nous, dans ma petite école rurale de Belmontet, ce projet d'aide personnalisée, hors du temps scolaire commun à tous, nous semble une véritable imposture, et nous décidons de ne rien changer à la va-vite du fonctionnement de l'école.

 
Durant tout les congé d'été, cette question de l'aide personnalisée va me préoccuper. Je ne peux envisager de trier les enfants, pour faire travailler plus longtemps ceux qui réussissent le plus difficilement. Ils fournissent déjà des efforts considérables au sein du groupe, pour se concentrer, s'investir, faire et refaire malgré la difficulté, tout au long des 6 heures de classe quotidiennes.
 

 A la rentrée, c'est encore un grand point d'interrogation qui se dessine lorsque ce sujet vient sur le tapis. Puis la date se précise, se rapproche : le dispositif devra être mis en place pour le 1er octobre. Alors, je ne peux plus faire autrement que de prendre ma décision, je dois avertir l'inspecteur de ma circonscription que je ne me résous pas à mettre en place cette aide personnalisée, antinomique avec mon fonctionnement de classe, avec la conception que je me fais de mon métier d'enseignante, et qui me guide chaque jour en classe, lorsque je mets en place des temps quotidiens de travail individualisé, différencié, que je fais vivre dans ma classe coopération, entraide et tutorat.

J'en parle à mes collègues, qui partagent largement mes réticences, puis je prends ma plume. Enfin, mon clavier... Il me faudra deux nuits pour rédiger mon courrier, que je veux simple, précis, et largement argumenté. Je le fais relire à un petit comité d'amis en qui j'ai toute confiance, puis je le confie à ma collègue directrice, qui le remettra en main propre à l'IEN de ma circonscription. Les dés sont jetés, je suis libérée d'un grand poids, mais je me demande quand même ce qu'il adviendra par la suite. Mon mari, premier soutien, me presse d'envoyer une copie de ce courrier pour informer les journaux, le Canard en premier lieu, de ce que je dénonce comme une grande supercherie, démantelant l'école et stigmatisant les enfants rencontrant des difficultés. Mais il me semble que le courrier appartient désormais à l'IEN, puis à l'IA... Je décide d'attendre de voir quelle réponse me sera faite.

 
Un mois plus tard, elle m'arrive par la bouche de l'IA qui s'exprime devant 250 collègues réunis en animation pédagogique : "Non, Madame Bivès, personne ne peut décider de ne pas faire l'APE, vous devez établir une liste d'enfants et me transmettre avant les congés votre organisation de l'APE". Le courrier n'arrivera que la veille des congés, c'est un premier rappel à l'ordre, et nous décidons, avec ma collègue, de prendre notre temps... De laisser passer les vacances...
 

C'est alors qu'Alain écrit lui aussi un courrier à son IEN. Si les mots sont différents, l'idée est la même : nous ne pouvons nous résoudre à mettre en place ce dispositif, nous refusons d'obéir. C'est étonnant de voir qu'à quelques semaines d'intervalles, un autre enseignant, que je ne connais pas, a ressenti la même nécessité que moi, dire, écrire son opposition, et le faire ouvertement. Et Alain, lui, sait franchir le pas de la médiatisation.

 
 Je lui envoie mon courrier, pensant que c'est le meilleur soutien que je puisse lui apporter, lui dire : moi aussi ! Et je découvre que je ne suis pas seule, nous sommes deux, nous sommes trois, rapidement, quatre, cinq, une dizaine ! Ensemble, nous signons l'Appel des enseignants en résistance, et déjà je ressens très fort ce qui nous unit. Et c'est important, de savoir que même une poignée, nous
ne sommes pas seuls, car c'est cette semaine là que je reçois ma convocation chez l'IA. Alain sera là au rassemblement de soutien.
Les ponts sont jetés désormais, le réseau s'organise et communique par courriel. Nous faisons connaissance, nous nous serrons les coudes, nous nous soutenons : nous sommes forts !
Nous sommes forts, et nous sommes toujours là...
Ninon

 
août 2009 mtp
***

 

Ce qui nous unis tous au delà de l’amour de notre métier, des enfants et de l’avenir c’est la résistance, l’esprit de lutte pour le bien commun, sans lequel nous ne nous serions jamais rencontrés. Nous sommes encore regardés comme des « bêtes de foire », même si le nombre de nos amis augmente il reste encore trop faible pour franchir la « masse critique » du rapport de force. Jusqu’à présent toutes (ou presque) nos initiatives nous ont souri, tout simplement parce nous avons initié les choses, parce nous nous sommes mutuellement fait confiance, parce nous avons privilégié le dialogue et le débat contradictoire. Et quelques soient les décisions qui sont prises, nous les respectons, c’est notre force.

Patrick Toro

                                                                                                                                                             

 ***

 

 

 

J'ai vraiment envie de dire à Darcos, puis Chatel, mais surtout Sarkozy : MERCI pour une seule chose et non des moindres : nous avoir permis de nous rencontrer, de nous fédérer. J'ai, à ce jour, un constat très partagé : vraiment épuisée de cette année si longue en combats et engagements que je ne sais guère comment continuer à mener à la rentrée mais aussi cette "communion" (désolée du terme mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti à Marseille et à Toulouse) qui nous unit. Tout au long de l'année, vous lire puis vous rencontrer m'a aidée à tenir le coup... Alain et vous tous, MERCI !

Marie-Hélène

 
cp août 2009 mtp (2)
***

 

Il est des actes dans la vie dont on ne présume pas des bienfaits ... Fin octobre 2008, lettre de Roland, lueur dans un trou noir; début novembre, lettre d'Alain, la clarté devient plus nette. Visite du site Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école. Et lire, lire encore d'autres lettres, Vos lettres, pour que la désespérance puisse faire place au possible. Il m'a fallu d'abord sortir de l'admiration que je Vous portais, (vous savez, celle qui vous laisse bouche bée et sidéré, et nul, et incapable ...) pour agir et dire à mon tour "JE refuse d'obéir". Il m'a fallu des mois encore pour trouver l'occasion, le moyen propre à ma fonction de rééducatrice. Il m'a fallu reprendre confiance en moi, en la pertinence de mes valeurs, accepter que ma conscience ait une valeur, faire un bilan sur ce qu'était ma place, mon rôle dans l'Institution et comment j'envisageais l'avenir. Il m'a fallu affronter la solitude, les réactions d'incompréhension, les conflits personnels, professionnels. Il m'a fallu oser prendre la parole en public... Bref, tout plein de petits "détails", de petites choses faciles à faire pour la plupart d'entre Vous, peut-être ..., détails qui, moi, m'ont demandé une énergie que je ne croyais plus avoir, une détermination que je ne me connaissais pas, un positionnement, un engagement, un  courage jusque là impossibles  ...

Et sans Vous, vos écrits, vos réflexions, votre propre engagement puis sans ce mouvement que j'ai vu ( ou plutôt lu sur le blog...) se  construire de l'individuel vers le collctif, sans toute l'humanité qui en émanait, je n'aurais pas pu franchir seule ces obstacles, entrer en résistance et être en accord avec ma conscience. Pour moi, c'est comme un immense cadeau de la vie, aussi immense que la reconnaissance et la gratitude que je ressens à ce jour ...Grâce à Vous, j'ai grandi !!!

Dominique

 
mtp charte août 2009
***

 

La lettre d'Alain : le choc... comment ces pages rejoignent parfaitement ce que je ressens depuis qq temps.   Mettre en cohérence mes convictions, ce qui me motive dans ce métier d'instit, et les actes que je peux poser. Bien sûr des actes qu'on pose tous les jours (en quelque sorte) avec les élèves. Mais là, le plus, qui fait qu'on a le souci de questionner sa hiérarchie au grand jour, dans le but de faire avancer l'institution, en recherchant toujours le dialogue.

Bref l'idée aussi très vite qu'il ne faut pas laisser Alain tout seul et que le meilleur moyen de le soutenir c'est qu'il faut entrer dans la même démarche. Un We pour faire ma lettre, trouver les formulations qui seront largement inspirées de la lettre d'Alain. Un long téléphone avec quelques Marseillais, et le lendemain la lettre postée avec un sentiment d'une grande satisfaction.
 
Je me retrouve très bien dans le travail avec le Réseau : ma participation y est très modeste mais j'apprécie le jeu des complémentarités, des différences vécues comme une richesse... le caractère informel et transversal... loin de la lourdeur syndicale.

Parfois des coups de fatigue, mais je sais que dans tout engagement il revient à chacun de trouver l'équilibre de vie en fonction de ses souhaits, contraintes...

Aucun engagement n'est désintéressé  (consciemment ou inconsciemment)... alors chacun s'y retrouve en quelque sorte... ça nous apporte quoi ?   À chacun de chercher.... et c'est pas nécessaire d'avoir une réponse.  C'est mon avis.

Longue vie au Réseau... pas tellement pour le réseau lui même, mais plutôt pour les liens qui se sont tissés. Je reste convaincu que ce sont les liens tissés qui font ce qu'on est. On existe que par les relations que l'on a tissées.

Bref la construction d'une école respectueuse des droits de l'enfant, c'est aussi la construction de ces liens, la construction d'une société sans cesse à améliorer pour que son organisation respecte de mieux en mieux les individualités, dans la complémentarité, le respect des autres...

 Des ponts pas des murs   (comme sur mon T shirt!)...  des ponts dans le réseau, des ponts vers les collègues, vers la hiérarchie..... La vie quoi ! ! Même si dans quelques jours nous allons construire symboliquement le mur  (on va plutôt dire les fondations alors !) de l'école que nous voulons.

Hugues L.

 

***

 

« Une légende amérindienne raconte qu´il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul, un colibri s´activait et allait chercher quelques gouttes d´eau dans son bec pour éteindre le feu.
Au bout d´un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
 »Colibri ! N´es-tu pas fou ? Tu crois que c´est avec ces gouttes d´eau que tu vas éteindre le feu ?
 »Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part… »
Extrait du livre : La part du colibri : L´espèce humaine face à son devenir de Pierre Rabhi

Participer à  un mouvement de résistance pédagogique, c’est pour moi, faire un peu sa part, comme le colibri…

Audrey F. (13)

 
peyrou mtp août 2009
***

 

Professeur des écoles depuis 2002 ; je deviens « enseignant-directeur » d’une école de 9 classes à la rentrée 2005…        et là tout bascule.

 

De réforme en réforme, je questionnais à chaque fois leur intérêt. Ce qui sautait aux yeux, c’était avant tout : les suppressions de postes, la précarisation des emplois, la mise en concurrence progressive des écoles par des évaluations nationales systématiques, mais aussi une vision rétrograde de l’enseignement.

A partir du moment où je pris conscience que l’Education n’était plus considérée comme un investissement mais comme une dépense inutile : je pris, sans m’en apercevoir tout de suite, la voie de la désobéissance civile.

 

En effet, quand on est obligé de délaisser les élèves de sa classe pour accomplir de plus en plus de tâches administratives d’autant qu’elles n’ont pas d’intérêt direct pour aider les élèves en difficulté, quand les réformes qui s’enchaînent à un rythme effréné ne nous permettent plus de suivre, c’est tout naturellement que nous résistons, que nous désobéissons, faisant le choix de mettre en premier lieu l’intérêt des élèves.

 

C’est pourquoi très vite je me suis trouvé en situation d’ « enseignant-directeur en grève du zèle » : en tant que directeur, je ne pouvais en conscience effectuer des tâches dépourvues d’intérêt.

          

Un tournant… celui de la rencontre avec le blog de Résistance Pédagogique pour l’Avenir de l’Ecole. Je remercie Laurent qui un jour m’a envoyé le lien sur ma messagerie…

Les courriers que j’avais auparavant envoyés à l’Inspecteur d’Académie ressemblaient étrangement à toutes ces lettres, tantôt individuelles, tantôt collectives, que l’on pouvait lire sur le blog de la Résistance Pédagogique.

          

C’est donc tout naturellement encore que j’ai rejoint ce mouvement avec ma lettre de désobéissance affichée le 14 janvier 2009. J’étais alors devenu un enseignant-désobéisseur. Alors bien sûr il y a eu les sanctions financières pour service non fait mais ces sanctions n’ont jamais freiné mon engagement sincère et déterminé pour mettre en avant l’intérêt supérieur de l’enfant.

          

Puis les lettres envoyées, les échanges riches et essentiels, les rencontres fortes, humaines, de Marseille, de Montpellier et… la Charte de la Résistance Pédagogique !

 

C’est dans la construction de ce nouveau texte fondateur que je m’inscris une fois encore : des valeurs, des engagements à résister, et surtout les droits de l’enfant au cœur de nos pratiques.

Sébastien PILET (Sarthe-72)

 
cp août 2009 mtp
***

 

Je me suis toujours sentie à ma place en tant qu’instit. mais en porte-à-faux avec l’Education nationale, avec cette exigence de rentabilité, de compétition, de résultats chiffrés, de paperasseries et maintenant d’informatique administratif sans cesse en augmentation et qui nous coupe de plus en plus de la réalité vivante des enfants dont nous avons la charge.

 

Et puis, récemment, ce qui a déclenché en moi la sonnette d’alarme et le devoir de résistance, c’est, depuis la rentrée 2008, ce redoutable autoritarisme qui s’infuse du haut de la pyramide jusqu’en bas en empruntant la voie du désir de pouvoir et de la tyrannie des « petits chefs » que sont devenus certains de nos directeurs ou de nos inspecteurs.

 

Mettre de côté nos intérêts personnels –de carrière, de salaire, de tranquillité- pour arrêter de subir, de faire semblant et répondre à l’exigence de sa conscience dans l’instant, m’a fait goûter à la paix d’être enfin en accord avec moi-même, mais aussi à la joie de me sentir en harmonie avec un mouvement collectif.

 

Rencontrer des enseignants des quatre coins de France, partager leur motivation, leur engagement et leur humanité m’a donné une force insoupçonnée, malgré la violence et la dureté du contexte ambiant. Nous sommes éparpillés, mais la force de la solidarité nous relie chaque fois que le besoin s’en fait sentir.

Les résultats immédiats, concrets que nous obtiendrons m’importent peu. Ils découleront forcément du fait de vivre une autre dimension de soi, plus universelle et plus en lien avec les nécessités de l’époque.

 

Le lien logique entre notre désobéissance et la nécessité d’éduquer en respectant cette même liberté de conscience chez l’enfant constitue à mes yeux une ouverture formidable pour construire une société plus juste et plus solidaire.

Grand merci à tous !

Diane

 
cp août 2009 mtp (3)
***